Les parrainages sont essentiels pour les enfants d’Haïti.

(actualisé le ) par Annie

Gérard nous écrit depuis Haïti où il était en Février/ mars 2012

(Image Enfants-Soleil)
« Quand nous rencontrons les enfants et leur famille, souvent des femmes seules, nous pouvons mesurer quelles sont leurs difficultés quotidiennes. Faire survivre une famille de 4,5 ou 6 enfants, avec parfois les quelques euros seulement de revenus du parrainage relève de l’exploit. Beaucoup d’enfants ne paraissent pas leur âge et accusent un important retard de développement ou des signent de malnutrition. On n’ose pas imaginer ce que ce serait leur vie sans l’aide régulière et prolongée des parrains. Dans les quartiers où ils vivent, parfois dangereux, ils occupent le plus souvent une petite pièce sans eau ni électricité, mais parfois sans fermeture et sans toit. Dans la pollution terrible de la ville, les amoncellements d’ordures, la promiscuité, il ne s’agit que de survie. C’est dire combien les parrainages sont essentiels pour ces femmes et ces enfants qui, depuis le séisme, ayant tout perdu, n’ont reçu aucune aide de personne, en dehors de notre association.
Les frais de scolarité sont chers et les enfants ont souvent des retards scolaires importants. Souvent, les écoles renvoient les élèves qui ne peuvent plus payer.
Le manque de travail est quasi général dans les couches de populations les plus pauvres. Les petits commerces sont la voie presque unique pour les femmes seules, à qui revient la tâche de nourrir les enfants, mais ces commerces ne rapportent guère, s’il n’y a pas un réel investissement pour acheter des marchandises en quantité donc à des tarifs avantageux. Les cas, malheureusement de plus en plus nombreux, d’arrêt de parrainages en France, sont des drames pour les enfants, et l’association ne peut plus prendre en charge complètement les enfants qui perdent leur parrainage.
C’est chaque fois un déchirement d’écouter ces femmes qui ne demandent rien mais qui ont faim tout comme leurs enfants.
Haïti qui se reconstruit peu à peu, mais si lentement pour les plus pauvres, oublie ces millions de gens qui vivent toujours dans la misère. Cela fait trois ans que des dizaines de milliers de familles vivent dans des logements précaires.
Il faudrait plus de micro-crédits pour que les mamans accèdent à une autonomie partielle avec leur petit commerce, ou quelques outils de travail pour les autres, qui ont un métier mais pas de travail (les couturières etc.) Mais les fonds sont bas et il nous est difficile d’intervenir dans tous les cas.
Nous remercions du fond du coeur tous les parrains. Même si les enfants n’envoient que des petites lettres ou quelques dessins, dites vous qu’ils pensent très fort à vous et qu’ils ne savent pas toujours dire l’importance de votre présence à leurs côtés. Chaque enfant devrait avoir droit au minimum vital, manger à sa faim, étudier, pouvoir se soigner, être protégé. Ils sont trop nombreux ici à ne bénéficier d’aucun de ces droits fondamentaux. »