Les paysans de l’Artibonite et de Fonds Verrettes en situation de détresse.

par Gérard

C’est loin du Grand Sud où la catastrophe est la plus spectaculaire, mais la situation des petits paysans d’une grande partie du pays est désastreuse.

A Verrettes, nous aidons des petits paysans à se grouper en associations, sur la modèle de l’économie sociale et solidaire, (voir nos articles sur ce sujet) pour pouvoir subvenir à leurs besoins.
Ce sont des paysans très pauvres qui n’ont en moyenne qu’un demi ou un tiers d’hectare à cultiver pour nourrir toute une famille, le plus souvent nombreuse. (Moyenne 5 enfants). La grand majorité n’est pas propriétaire de la terre. celle-ci est louée, le plus souvent pour une somme fixe, quelle que soit la récolte.
Avec les intempéries, les maladies, les récoltes sont souvent mauvaises. Pour assurer la sécurité alimentaire, ils sont contraints de faire trois récoltes par an, donc d’utiliser des engrais, qui coûtent de plus en plus cher et les terres s’appauvrissent petit à petit.. Il faut aussi des pesticides, souvent mal dosés, qui mettent en danger la santé des familles.

Hangars détruits. Terres ravagées par les eaux.

Les terres appartiennent à des propriétaires qui ne les cultivent pas et vivent des loyers, souvent, ils n’habitent pas le pays. Les mairies possèdent des terres qui ont été données en location à des familles par petits lots il y a des décennies, pour 99 ans ! et les paysans considèrent qu’elles leur appartiennent. Aucune réforme agraire n’est possible. Les maires des communes ne savent plus quelles terres appartiennent aux municipalités !
C’est que l’Artibonite est très peuplée et vit essentiellement d’activités agricoles. il y a peu de terres et beaucoup de familles de petits paysans. les locations sont chères. les plus pauvres ne peuvent que louer des terres situées loin des zones irrigables, et sont donc plus vulnérables aux sécheresses.
Après le cyclone, beaucoup de terres ont été détruites dans l’Artibonite, mais l’état des lieux est beaucoup plus grave à Fonds Verrettes, près de la frontière dominicaine. C’est une zone montagneuse, sans infrastructure et d-s qu’il y a de grosses pluies, des torrents dévalent et arrachent tout, emportant le bétail mais aussi, souvent, des gens.

Voici un bilan envoyé par l’école que nous aidons et fait avec les paysans et la Mairie.
Après trois ans de sécheresse, (2013, 2014, 2015) les dégâts causés par les vents et l’eau sont considérables, pour une population déjà très pauvre en temps normal.

Bilan Fonds Verrettes. Les dégâts causés par Matthew.
Les champs endommagés et les récoltes détruites.

Champs de maïs : 600 à 800 hectares
Champs de haricots : 6000 à 7000 hectares
Carottes : 4700 hectares.
Pommes de terre : 7400 hectares
Choux : 4741 hectares
Petits pois : 3700 hectares
Habitations.
Maisons endommagées : 1700
Maisons détruites : 1114
Entrepôts endommagés : 90
Citernes endommagées : 84
Pertes de bétail :
Caprins : 1600
Moutons : 76Poecins : 436
Bovins : 760
Chevaux : 113
Volailles 3480

Pour voir la lettre que nous avons recopiée pour mla rendre plus lisible, cliquez sur l’icône.

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La situation est désespérée pour beaucoup d’entre eux. La famine menace.
Hélas, personne ne se préoccupe de ces contrées éloignées, et nos moyens sont insuffisants pour leur venir en aide, à part une petite aide d’urgence, pour acheter un peu de riz.

Réunion de paysans dans l’école "Massawist" de verrettes, construite par Enfants-Soleil.
Réunion des paysans pour un bilan.