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Le transport aérien sera-t-il enfin géré ?
La Federal Aviation Administration (FAA), l’agence du gouvernement américain qui réglemente et supervise le transport aérien chez notre grand voisin, a, une nouvelle fois, repoussé la réouverture du ciel de Port-au-Prince aux avions et compagnies américains.
Frantz Duval
05 mars 2026 Le nouvelliste.
Frantz Duval
Il va falloir attendre septembre 2026 pour une nouvelle évaluation de la situation. La nouvelle est tombée alors qu’une nouvelle administration prenait place à la tête du pays.
Depuis novembre 2024, l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince est en attente du retour des compagnies aériennes commerciales qui fréquentaient le ciel de la capitale.
Après plusieurs incidents au cours desquels des aéronefs ont été touchés par des tirs, les voyageurs ne peuvent plus trouver d’avions américains, canadiens, français ou autres pour les transporter.
La dernière compagnie commerciale qui assurait des vols charters entre le Brésil et Haïti a suspendu ses opérations après un incident armé le 26 janvier 2026.
Deux aéroports restent opérationnels pour les vols commerciaux vers et depuis l’étranger. Il s’agit des aéroports du Cap-Haïtien et des Cayes. Port-au-Prince reçoit des vols locaux pour relier la capitale à ces deux villes principalement.
Si le trafic est réduit à une peau de chagrin, les tarifs ont explosé. Les services au sol laissent à désirer et les droits des passagers sont quotidiennement bafoués.
La situation d’insécurité qui a conduit au bannissement des compagnies étrangères de l’aéroport de Port-au-Prince permet à des opérateurs aériens de faire leur beurre. Beaucoup de beurre.
Si l’État haïtien a cru bon d’aider une compagnie à souscrire une police d’assurance, il n’a jamais rien fait pour les usagers. Les passagers paient très cher de mauvais services et des honoraires fantaisistes.
Avec les changements intervenus cette semaine au ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), à l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN) et à l’Office de l’aviation civile (OFNAC), peut-on espérer un changement de politique au sein des institutions régulatrices ?
Non pas pour faire baisser les prix des billets, la rareté les explique, mais pour installer un éventail de droits pour les passagers qui s’attendent à avoir des avions aux heures annoncées ou des compensations en cas de retards prononcés, des assurances passagers sur tous les vols en opération en Haïti, en avion ou en hélicoptère, des assurances sur les billets pour pallier le fait que tout est non remboursable sur le marché actuellement.
Bien entendu, le ministère des Travaux publics et les organismes placés sous sa tutelle se doivent aussi de respecter les passagers en améliorant les infrastructures aéroportuaires. Depuis le début de la crise en février 2024, les aéroports de province méritent mieux.
Enfin, et ce sera le plus difficile, il faut améliorer les conditions sécuritaires à Port-au-Prince, dans et autour de l’aéroport. Il faut aussi faire de même en province. À Port-au-Prince pour corriger les lacunes. En province pour prévenir les sanctions ou catastrophes éventuelles.
Les deux ans du Conseil présidentiel de transition n’ont pas permis d’améliorer la situation du secteur aérien et de rétablir les services réguliers ni avec la République dominicaine ni avec le reste du monde. L’administration Fils-Aimé doit se donner les moyens et l’ambition de faire mieux.
Le secteur aérien sera-t-il mieux géré ? On attend les résultats.
