Une semaine en Haïti N° 1738 22 janvier 2026

(actualisé le )

Les forces anti-gangs luttent contre les gangs dans plusieurs quartiers de la capitale, mais les interventions sont ponctuelles et très meurtrières de part et d’autre.

Qui sont les victimes des affrontements ? Beaucoup de "présumés bandits" et sans doute aussi des victimes civiles. le flou sur ces bilans reste entier.
l’Artibonite et de nombreux quartiers de Port au Prince sont encore tenus par les groupes armés. Les routes vers le sud et vers le nord sont toujours coupées ce qui génère de gros désordres et aggrave la misère des plus démunis.

Violence : Plus de 8 100 décès en Haïti entre janvier et novembre 2025, selon l’ONU
« Dans l’ensemble, plus de 8 100 meurtres ont été recensés dans tout le pays entre janvier et novembre 2025, ce nombre étant probablement inférieur à la réalité en raison de l’accès limité aux zones contrôlées par les gangs, relève le BINUH dans un rapport au Conseil de sécurité de l’ONU, en date du 15 janvier 2026.
Roberson Alphonse
21 janv. 2026

« La violence armée s’est intensifiée dans les zones urbaines et périurbaines, les gangs déployant des armes de gros calibre et menant des assauts coordonnés sur plusieurs fronts, selon ce rapport, qui indique « qu’entre le 1er septembre et le 30 novembre, le BINUH a enregistré 1 991 victimes d’homicides volontaires, dont 142 femmes, 12 filles et 44 garçons, soit une baisse de 6,2 % par rapport au trimestre précédent ».

« Cependant, a poursuivi le rapport du BINUH, les homicides volontaires ont fortement augmenté en dehors de la capitale, notamment dans les départements de l’Artibonite et du Centre, où 1 916 homicides ont été enregistrés entre janvier et novembre 2025, contre 1 050 au cours de la même période en 2024. »

Le rapport fournit des exemples concrets. « Les opérations de police menées entre octobre et novembre à Bel-Air, au bas Delmas, à Simon Pelé, à Croix-des-Bouquets et à Mirebalais, dans certains cas avec l’appui d’une société militaire privée, ont fait au moins 199 morts, dont des membres de gangs et 12 enfants recrutés et utilisés par des gangs, et ont abouti à la saisie d’armes et de matériels », peut-on y lire.

« À la suite de certaines opérations, des gangs ont exercé des représailles : ils ont assassiné 22 habitants de la Croix-des-Bouquets soupçonnés de collaborer avec la police et un religieux à Montrouis, et incendié l’Université Soleil d’Haïti lors d’affrontements à Pacot, Turgeau et Canapé-Vert, ainsi qu’une station service à Arcahaie. La violence vigilantiste a également persisté, et au moins 100 personnes accusées d’appartenir à des gangs ou d’avoir commis des délits mineurs ont été tuées entre octobre et décembre.
Selon les données recueillies par le Haut Commissariat des Nations unies aux Droits de l’homme (HCDH), les frappes de drones effectuées par une société militaire privée entre le 1er mars et le 30 décembre ont fait au moins 973 morts (934 membres de gangs et 39 résidents, dont 16 enfants) et 674 blessés (633 membres de gangs et 41 résidents, dont 18 enfants) », peut-on relever dans le rapport du BINUH au Conseil de sécurité de l’ONU.

En 2025, l’expansion des gangs au-delà de la région métropolitaine (département de l’Ouest) a continué d’affaiblir l’autorité de l’État et de perturber les axes humanitaires et commerciaux. Des gangs ont attaqué des communautés à Arcahaie, dans le département de l’Ouest, ainsi qu’à Mirebalais et Lascahobas, dans le département du Centre, et dans plusieurs localités de l’Artibonite, détruisant des biens agricoles et portant de nouveaux coups à l’économie locale.

Face à cette situation, la Police nationale d’Haïti, soutenue par les Forces armées d’Haïti et, dans certains cas, par la Force de répression des gangs, a intensifié les opérations de lutte contre les gangs dans l’agglomération de Port-au-Prince et dans certaines parties de l’Artibonite, ce qui a permis la réouverture de plusieurs routes importantes.

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