La machine électorale démarre-t-elle pour de bon ?
Le processus électoral vient de conclure une belle semaine.
Jean Pharès Jérôme
07 août 2026 Le nouvelliste.
Le processus électoral vient de conclure une belle semaine. Le Conseil électoral a bouclé le processus d’inscription des regroupements des partis. 18 regroupements de partis politiques réunissant 236 partis politiques sur 316 se sont fait enregistrer au CEP en vue des prochaines élections. En attendant de passer au crible les dossiers soumis, le CEP et le gouvernement doivent se réjouir d’avoir trouvé la bonne formule pour réduire considérablement le nombre de candidats qui vont figurer sur les bulletins de vote.
Cette semaine a été aussi marquée par l’accélération du processus d’inscription des électeurs. Autorités et simples citoyens commencent à défiler dans les centres d’inscription et de vote (CIV) pour se faire inscrire sur la liste des électeurs. Le début du processus doit montrer au CEP et au gouvernement la route qui leur reste à parcourir en matière de communication, de logistique et du rétablissement de la sécurité en vue des prochaines élections.
Un autre fait saillant du processus électoral cette semaine a été la note du Premier ministre aux institutions publiques leur demandant de collaborer avec le Conseil électoral dans le cadre de l’accomplissement de sa mission.
Ces faits sont-ils suffisants pour nous porter à croire que la machine électorale est lancée pour de bon ?
L’un des obstacles majeurs à la tenue des élections est l’insécurité. Cette semaine encore, les gangs étaient en effervescence dans plusieurs régions du pays. Ce qui relance le débat sur la possibilité ou non du déroulement des élections sur tout le territoire national eu égard au calendrier électoral. Si le processus d’inscription des électeurs est lancé, il ne concerne pas les communes occupées par les gangs. Nos autorités ont déjà réussi l’exploit de relocaliser les institutions de certaines communes dont les tribunaux dans d’autres communes. Va-t-on faire de même pour les élections ? Va-t-on différer les élections pour certaines communes ?
Il n’est pas trop tôt pour chercher les réponses à ces questions quand on sait que les élections sont prévues à la fin de cette année. On ne doit pas non plus oublier que certaines communes fonctionnent depuis des années sans présence de l’Etat.
Cette semaine, des membres du Haut commandement de la police patrouillaient dans les rues de Delmas. Parallèlement, un contingent de la Force de Répression des Gangs est déployé dans l’Artibonite. Faut-il voir un changement de stratégie dans la lutte contre la criminalité ? Est-ce suffisant pour croire au rétablissement de la sécurité en vue de la tenue des élections sur tout le territoire national selon le calendrier du CEP ? Attendons les prochaines semaines pour avoir les réponses.